jeudi 20 avril 2017

Namaste! (4)

Et puis il y avait le shopping……


La mercerie au Kinari Bazar à Dehli ; les tissus à Ahmedabad et à Udaipur dont je vous ai déjà parlés. En plus, il y avait le bazar à Jaipur, tout un quartier de magasins de vêtements et de tissus. J’y ai trouvé encore des tissus pour ma fille, ainsi qu’une kurta (longue chemise) pour le gendre. Et pour moi-même, les boucles d’oreilles en forme de clochettes ! Elles étaient devenues la mode dans le groupe, ainsi que les churi (bracelets rigides) que certaines copines collectionnaient à chaque arrêt !

J’ai déjà parlé du Musée Anokhi, mais il y avait aussi les magasins Anokhi, à Delhi,  à Jaipur, remplis de tuniques et de robes légères de toutes les couleurs !

Et à Ahmedabad nous avons trouvé des saris anciens, assez lourds car brochés de fil d’or !

Dans une petite rue commerçante à Dungarpur, il y avait un modeste magasin de tissus comme il y en a sûrement des milliers en Inde…. Mais quel choix ! Avec beaucoup d’auto-discipline, je me suis arrêtée sur ces quelques morceaux de coton à petits motifs.

Et puis les joaillers à Agra… Comment quitter l’Inde sans s’offrir un petit rubis ou une émeraude ?

Chez Ganesh Antiques à Jodhpur, nous avons passé quelques heures à choisir nos cadeaux parmi les centaines de pashmina. Mais le plus grand régal étaient les patchworks anciens, faits de morceaux de coton cousus ensemble de manière complètement aléatoire, où chaque côté réserve des surprises ! Il y a aussi des foulards de soie faits avec la même technique et matelassés, ou merveilleusement brodées…Un immense plaisir à fouiller parmi tous ces trésors et ensuite se reposer avec un thé masala.

Je dois dire que les termes employés pour les couvertures et foulards matelassés – gudari, kantha – m’ont laissée un peu perplexe. Je connaissais le terme « kantha » pour les couvertures, que Ganesh Antiques appelait « gudari », le terme « kantha » étant réservé pour les foulards quiltés. Au Calico Museum, on a expliqué que les « kantha » étaient des quilts blancs rebrodés en provenance du Bengale… J’espère donc que ce livre que j’ai ramené m’éclaircira sur ce point !

Mais il y avait aussi un patchwork que j’ai dû laisser sur place, faute de ne pas pouvoir me faire comprendre :au marché couvert d’Ahmedabad, j’ai vu ce patchwork, mis à l’envers, qui couvraient un tas de noix de coco. En vain, j’ai cherché à expliquer que je voulais l’acheter. Quelle frustration pour moi la linguiste. J’ai dû me contenter des photos (soupir).

Voilà un très bref aperçu de ce merveilleux voyage. Restent les photos, les objets, les moments vécus…..Et énormément d’inspiration !













Namaste! (4)

And then there was the shopping….

I have already told you about the haberdashery at Kinari Bazar in Dehli, about the cotton fabric in Ahmedabad and Udaipur. Moreover, there was the bazar in Jaipur, several streets with clothes and fabric shops. I found more cotton fabric there, this time for my daughter, as well as a kurta (long shirt) for the son-in-law. Oh, and for myself, earrings shaped like little tinkle bells! They became quite the fashion among the group, which was also the case of the churi (bangles) which some friends collected at every stop!

I have already mentioned Anokhi Museum, but there were also the Anokhi shops in Delhi and Jaipur, full of feather-light tunics and dresses in all the colours of the rainbow! And in Ahmedabad we found vintage saris, rather heavy because of all the golden thread woven into them.

In  a small shopping street in Dungarpur we saw a  modest fabric shop, and there are probably thousands like that all over India. But what a choice! With a great deal of self-restraint, I left with these pieces of patterned cotton.

And then the jewellers in Agra… How can you leave India without getting a small ruby or emerald?

We spent a few hours at Ganesh Antiques in Jodhpur, choosing presents among hundreds of pashminas. However, the greatest treat were the vintage patchwork quilts, made of cotton pieces quilted together in a completely random way, where each side brings a new surprise as you open them! There are also silk scarves made in the same way, held together with a running stich, or beautifully embroidered… What a pleasure it was to rummage through all these treasures and then rest, sipping a masala tea.

I must say that the terms used for the quilted bedspreads and scarves - gudari, kantha – left me somewhat perplexed. I was familiar with the term “kantha” for the quilts that Ganesh Antiques called “gudaris”, keeping the term “kantha” for the quilted silk scarves. At the Calico Museum, the information had been that “kanthas” were quilts with a white base and coloured embroidery, originating from Bengal… I hope this book that I bought will make it clearer to me!

And yet, there was a patchwork coverlet that I had to leave behind, because I could not make myself understood. At the indoor market in Ahmedabad, I saw this patchwork piece, wrong side up, covering a heap of coconuts. I tried in vain to explain that I wanted to buy it. What a frustrating experience for the language person I am. I had to be contented with some pictures (sigh).


Well, this was a quick report on a most wonderful trip. What remains are the photos, the objects, the moments worth remembering…. And an enormous lot of inspiration!

Namaste! (3)


Nous n’avons pas seulement admiré les arts textiles indiens, mais avons également tenté de créer les nôtres au cours de plusieurs ateliers :

A Jaipur, nous avons appris l’impression au tampon au Musée Anokhi. Le lendemain, nous sommes allées à Bagru, un village à une trentaine de kilomètres de Jaipur, entièrement dominé par la teinture du coton et l’impression à la planche : il y a une multitude d’ateliers où on taille les tampons dans le bois (le teck est le bois le plus utilisé), où on teint les tissus et où on les imprime. Ensuite, ces merveilleux tissus que nous retrouvons dans les magasins chics du monde entier commencent leur vie par sécher dans des champs, parmi les chèvres et les vaches ! Nous avons passé une matinée à imprimer du tissu à la planche. Hmm, je crois que je me suis fait un paréo pour cet été !

Et puis il y avait la broderie au crochet. Elle exige beaucoup de dextérité à manier un crochet très fin, attraper un fil doré, et ensuite, poser des perles et des paillettes à l’aide d’un fil encore plus fin ! C’est dire que mon résultat était…moyen, tandis que certaines copines, surtout celles qui avaient fait de la broderie de Lunéville, avançaient rapidement avec le sourire aux lèvres.

A Agra, nous avons passé une matinée très agréable chez les brodeurs Sham – une broderie aux fils d’or et de soie, avec l’incorporation de pierres semi-précieuses. La technique – broderie à l’aiguille, point de boulogne et points lancés – nous était familière. A la fin du cours, le maître nous a remis des diplômes, bien mérités !














(dernière photo:merci à Philippe Warichet)

Namaste 3

We not only admired beautiful Indian textile arts, but tried our hand at making our own at several workshops:

In Jaipur, we learned printing with simple blocks at the Anokhi Museum. The next day, we went to Bagru, a village some 30 kilometres away from Jaipur, which is entirely dominated by cotton printing. There is a multitude of workshops where blocks are carved from wood (usually teak), where cotton is dyed and  block printed.  Afterwards, these marvellous textiles  which you see in elegant shops all over the world start their life drying in fields where goats and cows roam! We spent a morning printing fabric with large blocks. Hmm, I think I  got myself a sarong for this summer!

And then there was crochet embroidery.  It takes a lot of skill to handle a very fine crochet hook, catch the golden thread, and then fix beads and sequins with an even finer silver thread. I must admit that my result was … so-so, while some of my friends, who had learnt Lunéville embroidery, made rapid progress, a smile on their faces.

In Agra, we spent a pleasant morning with the Sham embroiderers who taught us their art: embroidery with golden thread and padded silk stitches, with the addition of semi-precious stones. The technique is needle embroidery with couching and satin stitch, which we already were familiar with. At the end of the class we were rewarded with diplomas!


mercredi 19 avril 2017

Namaste ! (2)


Et voici quelques-uns des lieux que nous avons visités, particulièrement intéressants du point de vue textile :

A Dehli: Kinari Bazar, une ruelle avec des douzaines de magasins proposant des galons, des fils, des perles et des paillettes. Le tout très brillant – nous sommes bien dans le pays de Bollywood !

A Ahmedabad: le Calico Museum – une collection époustouflante de cotons imprimés, les plus anciens datant du quinzième siècle, et de bouts de cotons provenant de fouilles archéologiques. Les photos ne sont pas permises dans le musée, mais un peut toujours acheter un livre dans leur librairie… Dans la même ville se trouve l’ashram de Mahatma Gandhi, où on commémore son habitude de filer du coton à la main, en signe de protestation contre la domination britannique de l’industrie du coton en Inde. Une jeune personne y file du coton sur le même type de rouet que celui utilisé par Gandhi ; le fil est ensuite tissé en un tissu nommé khadi, uni ou à rayures.

A Udaipur, il y a tout un quartier de boutiques d’artisanat populaire. Celui où nous nous sommes arrêtées (Albeli) proposait, entre autres, des objets brodés anciens de toute sorte, des morceaux récupérés sur des vêtements usés, et également, du coton imprimé au mètre d’une légèreté et d’une douceur incroyable !

A Jaipur, il y a le musée Anokhi, retraçant l’histoire de l’impression sur coton et celle de l’entreprise, fondée par des hippies occidentaux dans les années 1960 ; hmmm… ce que me rappelle que c’était en 1970 que j’ai acheté ma première tunique indienne, à Londres…..












(dernière photo: merci à Béatrice Compagnon)

Namaste ! (2)

Here are a few places of particular interest to textile aficionados:

In Dehli, Kinari Bazar: a narrow street with dozens of haberdashery shops, offering trims, embroidery floss, beads and sequins. It is all very sparkling - we are in Bollywood country, to be sure!

In Ahmedabad, the Calico Museum – a stunning collection of printed cotton cloth, some of the pieces dating back as far as the fifteenth century, and cotton fragments from archaeological sites. Photography is not allowed in the museum, but you can always buy a book in their shop … In the same town, you can visit Mahatma Gandhi’s ashram. Among other things, it continues Gandhi’s habit of spinning cotton manually, which he did in protest to the British domination of the Indian cotton industry. A young person is seen spinning cotton on the same type of spinning wheel as that used by Gandhi; the yarn is then woven into a fabric called khadi, either solid or striped.

In Udaipur, there is a whole district of craft shops. The one we stopped at (Albeli) stocked, among other goods, all sorts of vintage embroidered pieces, and salvaged fragments of garments. There is also printed cotton on the bolt to be had, incredibly light and soft.

In Jaipur, the Anokhi museum retraces the history of cotton printing and that of the company, founded in the 1960s by western hippies; hmmm… that reminded that it was in 1970 that I bought my first Indian tunic, in London….
Namaste ! (1)

Je reviens d’un voyage en Inde du Nord, organisé par Les fils de Mirabai et ciblé sur un public obsédé par les textiles ! Et l’Inde, c’est vraiment le pays du textile –les mots français comme cachemire, pashmina, pyjama et châle sont tous d’origine indienne. Ah oui, et les »indiennes » - ces tissus de coton imprimés de petits motifs fleuris, à la mode depuis le dix-huitième siècle– c’est à l’Inde que nous les devons !

Il suffit de se promener en ville ou de parcourir le paysage indien pour être frappé par les couleurs vives des vêtements des Indiens. Le sari est un vêtement fait d’un tissu long de cinq mètres environ, astucieusement drapé autour du corps. Il est originaire du sud du pays. Traditionnellement, dans le nord, les femmes portaient des jupes amples et des vestes courtes. Aujourd'hui, c’est la mode du kameez et du salwar – une tunique longue par-dessus un pantalon serré aux chevilles - qui prévaut, surtout parmi les jeunes. Cet ensemble a son origine dans la région du Punjab, dans le nord-ouest du pays.

Nous avons rencontré une famille Sikh: les Sikhs croyants portent toujours des turbans, et les bébés garçons ont droit à un petit foulard qui couvre les cheveux noués en chignon (les Sikhs ne se coupent jamais les cheveux). D'ailleurs, la visite du temple Sikh était fort impressionnante avec la musique, les fleurs en profusion et le riche décor doré.



















(dernière photo: Philippe Warichet)

Namaste !(1)

I have just come back from a trip to India, organised by the French tour operator Les fils de Mirabai, targeting people obsessed by textiles! India is the textile country par excellence: think of English words such as cashmere, pashmina, pyjamas, jodhpurs, calico or shawl – all of Indian origin!

Just take a stroll around town or a drive through the countryside and you will be struck by the  lively colours the Indians wear. The sari is a garment made of around five metres of fabric, skilfully draped around the body. Its origin is southern India. Traditionally, women in the north wore gathered skirts together with short jackets. Nowadays, it is the kameez with a salwar that is most fashionable, especially among the younger generation: a long tunic worn over trousers tight-fitting at the ankles. This outfit has its origin in the north-western province of Punjab. 

We met a Sikh family: religious Sikhs always wear turbans, and baby boys get a headscarf which covers their growing hair tied in a knot: the Sikh never cut their hair. Besides, our visit to a Sikh temple was a glorious experience of music, sweet-smelling flowers and a rich gilded interior.

jeudi 9 mars 2017

Les gilets de Szczawnica

Au Festival folklorique de Cracovie, j’ai vu ce monsieur portant un gilet bleu royal, richement brodé. Il faisait peut-être partie d’un groupe de danse. J’ai appris que c’était le costume du village de Szczawnica au sud de la Pologne, dont la principale attraction est la descente en radeau le long du fleuve Dunajec. Comme ailleurs dans les régions montagneuses polonaises (Zakopane par exemple), les hommes portent volontiers leur costume régional pour faire plaisir aux touristes. Plus il y a de broderies, plus le propriétaire paraît riche !



Malheureusement, on ne peut pas acheter ces gilets autre part qu’a village de Szczawnica, même pas à Cracovie avec son festival folklorique et ses maintes boutiques des produits artisanaux. Mais un jour… j’ai vu ce gilet dans une boutique aux Puces de Saint Ouen à Paris ! En regardant de plus près, j’ai vu qu’il avait des pinces , c’était donc un vêtement pour femme adapté d’un costume traditionnel. L’étiquette à l’intérieur me le confirmait : la coopérative artisanale Cepelia avait dans les années 1970-1980 une section nommée « Moda i Styl » qui essayait de vendre aux Polonaises des vêtements basés sur leurs costumes régionaux, et ainsi détourner leur attention de la mode occidentale, coûteuse et souvent inatteignable. Je ne pense pas qu’ils aient eu beaucoup de succès avec cette idée-là. C’étaient plutôt les visiteuses d’Europe occidentale qui en étaient les clientes, pour rapporter une touche originale à leur garde-robe. Une Parisienne avait peut-être acheté ce gilet-là lors d’un voyage en Pologne, et après des années, il a continué son chemin. Malheureusement trop petit pour que je le porte, mais quel modèle pour les broderies !






Waistcoats from Szczawnica
While visiting the Cracow Folklore Festival, I spotted a man wearing a richly embroidered royal blue waistcoat. He might have belonged to a dance ensemble. I learned that this was the costume of the village of Szczawnica in southern Poland. The main attraction there is the trip down the river Dunajec on rafts. The men in charge of the rafts usually wear their regional costume – the more embroidered it is, the richer the wearer. As in other  mountain districts in Poland (Zakopane for instance), men are keen to wear their traditional costume in order to impress the tourists.



Unfortunately, you cannot buy these waistcoats outside the village of Szczawnica, not even in Cracow with its Folklore Festival, nor in its many handicraft shops. But one day…. I saw this waistcoat in a second-hand shop at the Paris flea market of Saint Ouen.  When looking closer, I noticed that it had darts – it was a woman’s waistcoat adapted from a regional costume. The label inside confirmed this: the handicraft cooperative Cepelia ran, in the years 1970-1980, a section called “Moda i Styl”, which endeavoured to sell to Polish women clothes based on their regional costumes and thus draw their attention away from Western fashion which was expensive and often unattainable. I do not think their idea was very successful; it was rather women visitors from western Europe who were their customers, thus adding an original touch to their wardrobe. Perhaps a Parisian girl bought this waistcoat when traveling in Poland. After some years, the waistcoat moved on. Unfortunately, it is too tight for me to wear, but what an inspiration for embroideries to come!